Le développement d’un projet musical

Publié dans : Création et diffusion

Le développement d’un projet musical par FRACA-MA (Fédération Régionale des Acteurs Culturels Assocaitifs - Musiques Actuelles

Préambule :

Dans un souci de cohérence avec l’ensemble du propos, la contribution complète et transversale de la Fraca-Ma a été publiée dans la catégorie « Coopération, réseaux et structuration« . Néanmoins, dès que cela a été possible, des parties de cette contribution intégrale ont été ventilées dans les thématiques appropriées.

Objectif : se questionner, proposer sur comment améliorer le parcours de l’œuvre. Comment faciliter sa création, sa production, sa diffusion, sa circulation, sa promotion…

Dans le triptyque œuvre / public / secteur professionnel, l’œuvre est centrale. Produite par l’artiste, elle se destine à rencontrer un public (habitants, citoyens) et s’appuie sur un secteur professionnel pour la valoriser, organiser sa création, sa diffusion et l’économie qui l’entoure. La Fraca-Ma revendique l’idée de garder l’artistique comme objet premier, qui doit rester au cœur de la réflexion. Elle souhaite également rappeler que les œuvres et le secteur des musiques actuelles font de droit et pleinement partie intégrante du secteur culturel et artistique et quoi qu’entretenant des liens étroits, ils ne relèvent pas directement de l’animation de territoire.

Le temps de la création doit être pris en compte dans le quotidien de l’artiste. D’autant qu’il s’inscrit aujourd’hui dans une évolution forte du profil des musiciens, de plus en plus contraint à la pluriactivité : développement de son projet, prospection, activités péri-artistiques (enseignement, médiation…), sans oublier sa propre formation ou encore parfois un emploi alimentaire. Ce « temps de la création » doit être pris en compte dans les actions et dispositifs de soutien aux artistes musiciens. Un accompagnement individuel et personnalisé de la carrière artistique pourrait même être envisagé.

Les créations interdisciplinaires se multiplient : il faut prendre en compte cette évolution et créer des cadres adaptés.

La résidence : il faut redéfinir les objectifs et les moyens des résidences, mieux encadrer l’utilisation du terme pour la différencier de la simple mise à disposition de salle équipée ou non, tout en réaffirmant les natures diverses des lieux qu’il est possible d’investir (dédiés au spectacle ou non) en fonction des besoins et objectifs identifiés. Il faut globalement repenser la mise en cohérence des besoins et volontés des artiste et des accueillants et communiquer plus efficacement auprès des artistes au sujet des soutiens déployés par la puissance publique. Une des avancées possibles : conditionner les dispositifs de financements des résidences de création–production au respect d’une « charte ».

La diffusion : en lien avec les logiques pluridisciplinaires, décloisonner les différents types de lieux de diffusion, labellisés ou non et favoriser la diffusion dans des lieux non conventionnels ou encore les co-productions entre lieux musicaux et lieux pluridisciplinaires…

En termes de diffusion immatérielle, il convient également de rappeler le rôle important joué par les médias locaux, notamment radios associatives, dans le processus d’émergence des projets musicaux, notamment locaux (ils constituent souvent par ailleurs un premier moyen d’accès aux rémunérations de droits d’auteur).

Tremplins et dispositifs régionaux favorisent principalement une diffusion régionale mais n’ouvrent que peu, voire pas sur un développement national. Cela limite les contacts possibles avec des structures de développement (booking, management…). Du côté des publics, cette régionalisation des dispositifs entraîne une « offre » artistique qui a tendance à se concentrer sur les mêmes groupes. Financer des partenariats interrégionaux entre les dispositifs d’accompagnement permettrait des échanges artistiques plus intéressants à la fois pour le développement de carrière des groupes, mais aussi pour le rayonnement culturel de la Région Centre – Val de Loire (voire avec des financements européens pour une diffusion transnationale ?). Pour aller plus loin, la mise en place d’un dispositif de soutien à la diffusion des artistes hors Région pourrait être mis en place, qui permette notamment aux artistes accompagnés d’être présents sur des événements ou des festivals majeurs en termes d’émergence artistique. Les Smacs du territoire peuvent jouer le rôle de structures relais auprès des programmateurs d’autres lieux, d’autres festivals en lien avec les producteurs de la région.

Plus globalement, il faut favoriser les dispositifs appréhendant l’ensemble de la chaîne, de la création à la diffusion, associant des partenaires multiples (lieux, structures de production…).

Assez peu de structures de développement artistique existent en région (booking, management, label, accompagnement administratif et social…) et les quelques structures existantes semblent fragiles économiquement. Les fonctions de soutien à la production artistique (administration, promotion, relations institutionnelles, production phonographique, action artistique…) jouent pourtant un rôle fondamental dans l’émergence des projets musicaux. Les grands dispositifs d’aide à la diffusion (sacem, spedidam, etc.) sont souvent limités. Une solution consisterait à compléter les dispositifs d’aide à la diffusion existants en soutenant le fonctionnement même des développeurs en région.

En résumé :

  • L’artistique, l’œuvre, doivent rester au cœur de la réflexion,
  • Prise en compte du « temps de création de l’artiste » au sein de sa pluriactivité dans les dispositifs de soutien,
  • Prendre en compte la multiplication des créations pluridisciplinaires,
  • Redéfinir les objectifs et moyens des résidences, proposer une « charte » de l’accueil en résidence,
  • Décloisonner les lieux de diffusion, favoriser la diffusion dans des lieux non conventionnels,
  • Valoriser le rôle joué par les médias locaux, notamment radios associatives, dans le processus d’émergence des projets musicaux,
  • Favoriser les partenariats interrégionaux entre dispositifs d’accompagnement, initier un dispositif de soutien à la diffusion hors région, notamment sur les événements et festivals spécialisés dans l’émergence artistique,
  • Favoriser les dispositifs appréhendant l’ensemble de la chaîne, de la création à la diffusion, associant des partenaires multiples (lieux, structures de production…),
  • Soutenir financièrement les structures de développement artistique (booking, management, accompagnement administratif et social…) y compris dans leur fonctionnement.

La Fraca-Ma propose par ailleurs de réinterroger certains dispositifs de la Région Centre-Val de Loire

1. Soutien aux manifestations

Un adhérent témoigne : toujours le même dossier, toujours la même somme obtenue, quel que soit le nombre ou la qualité des groupes programmés. Ne faut-il pas affiner les critères ?

2. Aide à la création spectacle et disque

Le réseau propose de réinterroger plusieurs points concernant ces aides.

Disque et spectacle :

  • Découpler le formulaire de demande concernant le « soutien à la création et à la production artistique – spectacles musicaux / commandes / enregistrements de disques » : créer un formulaire spécifique à l’enregistrement de disques, plus adapté aux réalités,
  • La temporalité, peu adaptée aux réalités des projets musiques actuelles (il faudrait par exemple plusieurs sessions par an, au moins deux), notamment pour ce qui est de l’exigence d’un nombre de préventes préétabli (ou courriers d’engagements), tout comme pour ce qui est des timings de sorties de disques,
  • Le fait de ne pas dissocier musiques savantes et musiques actuelles (populaires),
  • La considération des projets musiques actuelles dans le cadre de ces aides par les membres des jurys notamment (sentiment d’être considérés comme illégitimes). Ne faut-il pas repenser la composition des différents comités ?
  • Plus globalement, les énormes différences de dotation entre les musiques actuelles et d’autres secteurs du spectacle vivant.

Disque :

  • Pour être en adéquation avec les besoins du secteur, il faudrait élargir l’aide à la création phonographique à de l’aide à la création phonographique et vidéo,
  • Favoriser les clips tournés en Région Centre – Val de Loire (valorisation du territoire) et par des équipes locales,
  • Suppression du critère de distribution : plutôt aller vers une évaluation globale de la viabilité du projet (plan marketing, distribution indépendante, distribution numérique, existence live du projet, VPC en direct…),
  • Mettre à jour le formulaire, en supprimant notamment la référence à des temps de résidence et les références aux lieux et périodes de répétition,
  • Ne plus conditionner l’aide à la possession d’une licence d’entrepreneur du spectacle ou du moins envisager une certaine forme de souplesse,
  • Assouplir les critères liés à la diffusion du projet (une structure de type label n’a pas forcément une visibilité quant à la diffusion en live du projet – qui n’est d’ailleurs pas forcément une fin en soi).

Spectacle :

  • Le volet « action artistique/culturel » n’est pas suffisamment cadré et incite au saupoudrage,
  • Faut-il conditionner l’aide à la mise en place d’actions culturelles ?

Il est rappelé que les équipes des lieux sont là pour faire l’interface et rendre possible et efficace cette action culturelle portée par les artistes, en lien avec les structures de production.

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