Maillage culturel territorial et radiodiffusion

Publié dans : Création et diffusion

Maillage culturel territorial et radiodiffusion par Radio Campus Orléans

Radio Campus Orléans soutient l’initiative de la Région Centre Val De Loire d’organiser des États Généraux autour de la culture. Dans un contexte marqué par une défiance du public vis à vis des média, et des institutions en général, Radio Campus Orléans soutient aussi la création d’une conférence permanente régionale autour de la culture. Il apparait donc nécessaire de s’appuyer sur les acteurs du territoire,qui sont un premier maillage vers les publics éloignés, pour construire ensemble les politiques culturelles de demain.

Il est important de se pencher sur le rôle des radios associatives du réseau (et des blogs spécialisés). En effet les radios alternatives sont un maillon souvent sous-estimé à la fois par les politiques publiques, les artistes et les autres acteurs du secteur culturel. Pour ne se pencher que sur le domaine des musiques actuelles, les médias jouent encore un rôle de prescription, le choix éditorial musical de mettre en avant un artiste est issu d’un processus d’écoute et de réflexion qui doit correspondre à la couleur du média et son aura sur sa zone d’écoute.

La radio peut être un relais aux initiatives de développement des pratiques culturelles professionnelles et amateures dans une région dont l’un des points faibles est le maillage inégal sur le territoire des accès à l’information de ces dites initiatives.
Afin de diffuser sa musique et de revendiquer une diffusion auprès des organismes collecteurs des droits d’auteurs, les radios peuvent parfois organiser des concerts pour mettre en avant la scène locale et régionale ou un courant musical souvent délaissé. Les politiques publiques sous-estiment souvent le travail de ces radios et se renvoient systématiquement la balle, en les faisant aller d’un service à l’autre, sans parvenir à répondre aux demandes d’aides. Nous sommes conscients qu’il est difficile d’appréhender les médias et de les intégrer au cœur d’une politique culturelle, mais nous tenons à souligner la diversité de leurs activités qui ne se réduisent pas seulement au journalisme mais qui concernent aussi à la musique, la communication, la culture, l’éducation artistique, l’éducation populaire, le sport ou même le commentaire d’actualité.

Il est indispensable d’assurer la pérennité du FSER (fonds de soutien à l’expression radiophonique) qui est au cœur du fonctionnement des radios associatives, de renforcer son impact et peut être de créer des initiatives régionales calquées sur ce modèle.

La radio a un rôle important, par son approche musicale et sa politique de médiation culturelle, dans la mise en relation entre un artiste et son public. Elles permettent ainsi une jonction entre les artistes, en leur permettant de s’exprimer et de défendre leurs œuvres, et le public, qui a l’occasion de découvrir de nouvelles pratiques musicales, cela peut déclencher chez lui l’envie de se procurer le support phonographique de l’œuvre ou de voir l’artiste se produire sur scène. Les interviews et les chroniques permettent aussi d’aborder les questions artistiques sous d’autres angles et apportent parfois de nouveaux éclairages sur une œuvre. Les radios associatives sont les garantes d’une diversité culturelle et d’un soutien aux courants culturels alternatifs.

La radio est aussi un carrefour entre les auditeurs et les structures culturelles car son rôle ne se limite pas au seul secteur des musiques actuelles : nous avons aussi un rôle et des missions fortes sur des publics éloignés.
Les radios alternatives telles que Radio Campus Orléans remplissent des missions d’éducation culturelle et artistique ainsi que d’éducation populaire. Ces deux volets éducatifs servent à donner des clés de compréhension de la culture au public d’aujourd’hui mais aussi au public de demain. Ces missions d’éducation à la fois artistique et populaire ainsi que la défense des pratiques amateures contribuent aux décloisonnement des pratiques pour éviter de tomber dans un traitement trop élitiste de la culture. .

Nous revendiquons donc une certaine souplesse dans l’attribution des aides et subventions comme par exemple le dispositif Aux arts lycéens. Il est important pour les radios d’obtenir plus facilement des subventions de fonctionnement qui leur permettront de continuer à promouvoir les artistes, et de découvrir des artistes (quelque soit le domaine d’expression). Grâce au soutient du FSER et des autres aides publiques, les radios, qui jouent donc un rôle multiple de prescription, de médiation culturelle et d’éducation à la fois artistique et culturelle et populaire, peuvent garder l’indépendance nécessaire face aux acteurs privés et poursuivre leur rôle de témoin et de mise en lumière de la diversité sociale et culturelle.

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